Mon enfant a mal à la main quand il écrit : quelles en sont les causes ?

Un enfant a mal à la main en écrivant.

Votre enfant a mal à la main en écrivant. Il lâche son crayon entre deux phrases. Il secoue la main, souffle, reprend. Il dit qu’il a mal ou il ne dit rien parce qu’il s’y est habitué. Ce qui nous frappe, dans notre pratique, c’est le nombre d’enfants qui arrivent au cabinet convaincus que tout le monde a mal quand on écrit longtemps. Ils ne savent pas que ça peut être autrement. Une écriture douloureuse n’est jamais anodine. Elle a des causes précises et ces causes se travaillent.

La tenue du crayon, une des causes principales.

La grande majorité des enfants que nous recevons pour des douleurs à l’écriture présentent une tenue de crayon inadaptée. Pas forcément spectaculaire, parfois juste un léger excès de pression, un pouce qui ne joue pas son rôle, un index trop rigide. Mais sur la durée d’une journée de classe, cela suffit. Les ressources pédagogiques d’Éduscol rappellent d’ailleurs l’importance de la tenue et du maniement du crayon dans l’apprentissage de l’écriture.

Une tenue de crayon fonctionnelle repose sur trois doigts mobiles et souples, qui guident le crayon sans le bloquer. Quand l’un des trois fait défaut, les autres doigts compensent. Ils serrent davantage et à force la main finit par faire mal. L’enfant serre son crayon parce qu’il ne sait pas encore comment faire autrement. C’est exactement ce que nous travaillons avec lui.

un enfant a mal à la main en écrivant

Le poignet cassé : une position qui fait mal en écrivant : tout se joue là !

Une adolescente gauchère écrit en cassant son poignet.

Il y a une position particulière que nous voyons régulièrement et qui génère des tensions importantes : le poignet fléchi, au-dessus de la ligne d’écriture. On l’appelle le poignet cassé ou « col de cygne ». Dans cette position, l’articulation est verrouillée. Le bras ne peut pas se déplacer librement le long de la ligne. Et c’est cette position du poignet, maintenue sans relâche, qui finit par faire mal.

Les gauchers sont particulièrement exposés à cette tenue, souvent parce que personne ne leur a expliqué comment incliner leur cahier différemment et aligner la main, le poignet et l’avant-bras. Mais elle concerne aussi des droitiers et pour des raisons très variées.

La posture : quand cela vient de plus haut

Une douleur dans les doigts peut très bien trouver son origine dans les épaules ou dans la façon dont l’enfant est assis. Quand un bureau est trop haut, l’enfant soulève l’épaule pour amener sa main à la bonne hauteur. Quand il est trop bas, il penche le buste et perd tout son appui. Ces ajustements semblent minimes et pourtant, répétés des heures durant, ils créent des tensions dans toute la chaîne musculaire du bras. Ce qui fait mal à la main vient parfois d’un siège mal réglé.

Certains enfants coincent une jambe sous leurs fesses, d’autres posent la tête sur leur bras. Ce ne sont pas que des mauvaises habitudes. C’est parfois le corps qui cherche un appui qu’il ne trouve pas autrement. Ces détails, qui n’en sont pas, nous les observons également car ils font partie des bases à mettre en place. 

La quantité d’écrits : le révélateur.

Un enfant peut très bien écrire sans douleur en CP, quand les textes sont courts et les séances brèves. Les difficultés apparaissent souvent plus tard quand le volume d’écriture augmente : les devoirs et les dictées s’allongent, les situations d’écrits se multiplient. Et là, un geste qui semblait fonctionner commence à faire mal. Quand l’effort se prolonge, les muscles qui compensaient finissent par se fatiguer et la douleur s’installe.

Au lycée, les heures de cours s’enchaînent et la prise de notes devient intensive.

En études supérieures, certains étudiants se retrouvent incapables de tenir une heure d’amphi, stylo en main, sans souffrir.

De la douleur au refus d’écrire.

Un garçon n'aime plus écrire car il a mal en écrivant.

Quand un enfant a mal à la main, cela se voit parfois. Un enfant qui secoue la main entre deux lignes, dont les doigts blanchissent ou rougissent autour du crayon, qui appuie si fort qu’on entend le stylo gratter la feuille. Mais ce n’est pas toujours aussi visible. Ce que l’entourage observe également, c’est un enfant qui rechigne, qui écrit peu, qui rend des copies trop courtes. Les explications fusent : il est paresseux, il ne fait pas d’efforts, il s’en fiche. Mais derrière ce comportement, il y a souvent simplement un enfant qui a appris à éviter ce qui fait mal. Ce glissement-là, de la douleur vers le rejet de l’écrit, nous le voyons régulièrement. Plus on attend, plus ce rejet s’installe. C’est pourquoi il vaut mieux agir dès les premiers signes.

Questions fréquentes

Une écriture douloureuse, cela ne passe pas tout seul avec le temps. Derrière une main qui crispe, un poignet qui fatigue ou un enfant qui lâche son crayon se cachent des causes bien réelles et identifiables. Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, n’hésitez pas à nous contacter. Un premier échange suffit souvent à y voir beaucoup plus clair.

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